L'association de garde d'enfants Môm'Artre fête ses 10 ans à la Halle Saint-Pierre !

Déjà 10 ans ! 10 ans que Môm'Artre propose une solution de garde innovante des enfants de la sortie d'école jusqu'au retour de travail de leurs parents. 10 ans que l'association Môm'Artre est là pour répondre à un vrai besoin tout en associant service et éveil artistique. Alors, pour fêter son anniversaire comme il se doit, l'association s'est offerte une exposition à la Halle Saint-Pierre du 6 au 9 septembre. L'occasion pour nous de faire le point avec sa fondatrice, Chantal Mainguéné. Interview.
Pouvez-vous nous présenter le dispositif Môm'Artre ? D'où est partie l'idée et en quoi il consiste ?
Môm'Artre est un service de prise en charge des enfants après l'école, majoritairement des enfants de 6 à 11 ans. L'idée, c'est donc de proposer à leurs parents une solution de garde complète de la sortie d'école jusqu'au retour du travail dans nos locaux qui deviennent du même coup pour les enfants un lieu de vie collectif et d'apprentissage de l'art. Ce qui a motivé le projet, c'est un vrai besoin ressenti par les familles dans les grandes villes et plus encore pour les familles avec des complications, foyers monoparentaux, horaires décalés et tout ce qu'on peut imaginer... Un besoin lié au manque de solutions de garde après l'école puisque le service public ferme à 18h et qu'à côté de ça, il y a des solutions de type baby-sitting ou services à la personne qui ne correspondent pas forcément aux attentes des parents et bien souvent, des parents qui n'ont pas de budget... Donc, l'idée première, c'était de couvrir un manque et de répondre à un vrai besoin qui se transforme parfois en vraie panique pour les parents, notamment quand vient l'heure de la rentrée.
Qu'est-ce qui a motivé le fait que l'art soit au coeur du dispositif Môm'Artre ?
Quand j'ai créé ce projet, je souhaitais apporter du contenu pour les enfants. Je ne voulais pas que les enfants soient juste gardés à attendre sagement derrière une porte, je voulais qu'ils se retrouvent dans un lieu d'épanouissement et d'éveil. En plus, quand on regarde les chiffres de plus près, on se rend compte que seule une minorité pratique l'art et c'est très peu enseigné à l'école.
Môm'Artre fête ses 10 ans. Quel bilan tirez-vous après ces 10 années d'existence ?
Très positif parce qu'on est encore là. A l'allure où disparaissent les associations, c'est quand même rassurant, surtout que je suis plus que jamais convaincue que l'on répond à un besoin. Preuve en est que l'on a toujours eu plus de demandes que de places. On a eu plus de 1 200 enfants et à cette rentrée scolaire, on va en inscrire plus de 300. Cette année, nous avons 3 antennes parisiennes puis d'autres ouvriront au fur et à mesure : dans le XIIème Arrondissement à la Toussaint, Arles et le XIVème Arrondissement en avril et Nantes à partir de septembre. Puis, il y a aussi la satisfaction d'avoir créé un projet innovant et d'avoir réussi à fédérer et mobiliser autour de ce projet, que ce soit un certain nombre de partenaires publics et privés ou des individus de tous horizons et aux profils inter-générationnels (artistes, salariés, retraités qui viennent en bénévoles).
Eveil, activités et détente aux ateliers Môm'Artre
Quels sont les premiers obstacles que l'on rencontre quand on se lance dans une telle aventure ?
D'abord, trouver un lieu de 120 à 150 m2 en rez-de-chaussée à Paris surtout à une époque où les loyers explosent... Puis ensuite, trouver des partenaires financiers pour rendre viable le projet avec le problème qu'il faut faire ses preuves pour obtenir ses premiers euros mais qu'on ne peut pas faire ses preuves sans ses premiers euros. Du coup, il a fallu se débrouiller avec des bouts de ficelle et un budget on ne peut plus réduit avec beaucoup de bénévolat et d'entraide de quartiers.
Quels sont ceux qui restent 10 ans après ?
Dans une certaine mesure, ce sont les mêmes vu que les problèmes financiers sont récurrents. On cherche en permanence des financements pérennes, donc il faut tout le temps réinventer, réimaginer, chercher de nouvelles idées, être au courant des dernières mesures de l'Etat, savoir à qui s'adresser. Ce qui demande un travail de veille permanent.
En quoi consiste cette exposition à la Halle Saint-Pierre ?
Ça se passe en deux temps. Dans un premier temps, le Musée d'Art Naïf mettra en valeur ce que les enfants ont fait et font à Môm'Artre, donc tout leur travail artistique. En plus des oeuvres plastiques exposées au mur, il y aura en bas en boucle les films qu'on a retenus des dernières années, ceci afin de faire voir comment dans un lieu comme le nôtre on laisse aux enfants une expression très libre. On va également valoriser les artistes qui travaillent avec nous puisqu'on va exposer leurs portraits et même les faire intervenir en live puisqu'il y aura 5 prestations d'artistes in vivo. Puis une seconde partie beaucoup plus festive au Divan du Monde.
Vous êtes intervenue lors des workshops du Prix SFR Jeunes Talents Entrepreneuriat Social. Que retenez-vous de ce partage d'expériences avec les candidats?
J'ai beaucoup apprécié, parce que rencontrer des porteurs de projets, c'est toujours plein d'espoir. D'un point de vue personnel, c'est toujours très enrichissant de voir qu'il y a des gens qui se mobilisent sur des projets vraiment intéressants. Puis ça résonnait aussi à mon niveau, parce que j'ai fait pendant 5 ans du conseil à la création d'entreprise. Accompagner des porteurs de projets a été mon métier, donc forcément, j'ai très vite retrouvé mes repères. J'avais l'impression d'être utile.
Que pensez-vous de l'initiative de SFR de soutenir les entrepreneurs sociaux ?
Franchement, c'est une très bonne initiative parce que, qu'on soit jeune ou moins jeune, quand on est en situation de monter un projet et qu'on fait face à toutes les difficultés à surmonter, on a besoin de se sentir soutenu et encadré.
> Découvrir le site officiel de Môm'Artre

Propos recueillis par Pascal Debomy






















